jeudi 26 février 2015

Ah ! vous êtes en retraite ?


En retraite de quoi, en retrait de quoi ?
Ce mot me fait penser à la retraite de Russie.
Roulez tambours, sonnez trompettes !

Parle-t-on de retraite lorsqu'un marin change de cap ?

Indépendant dans l’âme et dans ma vie professionnelle, je n’ai heureusement pas eu à subir de la part de collègues goguenards et d’un patron condescendant la cérémonie dérisoire du pot de départ !

Du point de vue étymologique, retraite renvoie au latin re-traere, tirer en arrière, et tandis que l’anglais renforce l’idée de se retirer avec retirement, l’italien rappelle avec pensione les lois de notre société de consommation. L’espagnol emploie, et je préfère de loin, le terme jubilación, (du latin jubilare : se réjouir) avec une évocation du jubilé, cette période biblique de cinquante ans qui représenterait la durée moyenne d’une vie de travail. Le chinois introduit également l’idée de se retirer à laquelle il associe celle de cesser ou encore se reposer, de même l’allemand, avec ruhestand, état de calme, de silence.

Et je ne parlerai pas de retraite religieuse, ce n’est vraiment pas ma tasse … athée !


En fait je n’ai pas entendu sonner les trompettes de la retraite et dans toutes ces définitions, c’est plutôt l’idée de réjouissance qui m’interpelle. Quant à me retirer ou rester silencieux, que nenni !


Alors que dans la vie professionnelle on s’attelle souvent qu’à une seule tâche, en retraite on devient vite multi-tâches.


Ma vie actuelle se partage entre l’écriture de blogs, d’une adaptation théâtrale, des préparations de voyage … et sans avoir la barbe ni le talent de Victor Hugo, l’art d’être grand-père !


Retraité, moi ?

 
Le talent se développe dans la retraite, le caractère se forme dans le tumulte du monde. (Goethe)
Je m'amuse à vieillir, c'est une occupation de tous les instants (Paul Léautaud)


 





lundi 9 février 2015

Pierre Dac, mon maître soixante-trois


 
Mon maître soixante–trois, c’est ainsi que le surnommait Jacques Pessis, journaliste, écrivain, scénariste, biographe, que Pierre Dac a nommé légataire et neveu adoptif !

Comme bien d’autres humoristes il débuta au cabaret en récitant des monologues qui tranchaient avec le style des chansonniers d’alors. C’était loufoque, mot qu’il inventa pour qualifier son humour et qu’il glorifiera en créant plus tard le Club des Loufoques.

Cet homme eut une vie bien chargée que nous évoquerons une autre fois, homme de radio, comédien, grand résistant, voix de la France à Londres … mais c’est à ses écrits que nous nous intéresserons aujourd’hui.

En 1938, il fonde l’Os à moelle, nom inspiré de Rabelais (la substantifique moelle) et de son père boucher, qui est présenté comme l’Organe officiel des Loufoques. Le premier numéro de cet hebdomadaire satirique paraît le 13 mai 1938. Ce journal de 4 grandes pages est diffusé chaque vendredi à quatre cent mille exemplaires, le plus grand tirage de la presse d’avant-guerre !

Dès son premier numéro, il forme le Ministère Loufoque dont les portefeuilles sont distribués au Poker Dice ! Les petites annonces qui feront une grande partie de son succès sont écrites par Pierre Dac et son compère Francis Blanche qui débutait alors. Elles seront publiées dans chaque numéro du journal, de plus en plus délirantes … et personne n’y a jamais répondu, le contraire aurait été le comble de la loufoquerie !!!

Le journal, anti-hitlérien dès l’origine, disparait le 7 juin 1940 (au numéro 109) et l’équipe du journal est contrainte de quitter Paris sur le point d’être occupé.
L’Os à moelle reparaitra épisodiquement du 11 octobre 1945 au 15 octobre 1947 sous le nom de l’Os libre (107 numéros) puis du 23 avril 1964 à février 1966 (73 numéros) avec de nouveaux talents comme René Goscinny et Jean Yanne.

C’est à cette période alors que j’étais étudiant que j’ai connu et attendu fébrilement cette publication hebdomadaire et apprécié, les annonces, bien sûr, également les recettes de cuisine farfelues de Pierre Dac, les jeux stupides de Jean Yanne, et que chaque semaine on annonçe qu’exceptionnellement c’était la Pharmacie Lopez qui était de garde à Santiago du Chili, gag fil rouge du journal … le grand délire, une grande époque !

L’intégrale des Petites annonces l’Os à moelle, présentées par Jacques Pessis dans un ouvrage de 495 pages siège en bonne place dans ma bibliothèque. Une vraie bible !

Pierre Dac n’est pas seulement un humoriste, mais digne successeur de Pascal, il peut être considéré comme un philosophe moderne. Il a ainsi écrit et compilé et publié ses Pensées qui sont étudiées dans certains lycées. Elles font et feront rire des générations de lecteurs et il ne se passe pas de jour qu’on ne le cite, à la radio, dans la presse, sur internet …

Il a aussi écrit de nombreux articles de presse, des sketches et monologues, des pièces de théâtre parodiques  (le fameux Phèdre à repasser), des romans, Du côté d’Ailleurs, Les Pédicures de l’Ame, Dialogues en forme de tringle ...

Nous parlerons dans un autre blog de ses feuilletons radiophoniques et n’oublions pas qu’il a écrit avec Fernand Rauzéna les sous-titres français du classique du burlesque américain Hellzapoppin !

Des ouvrages de textes retrouvés et des anthologies de ses oeuvres ont été publiées après sa mort, Arrière-pensées, du Côté de partout, , Essais, maximes et conférences

Cet homme brillant mais modeste, très marqué par la mort de son complice Francis Blanche, décédera  quelques mois après, le 9 février 1975 à 82 ans d’un manque de savoir-vivre selon ses prévisions (!)

Mais nous n’avons cependant pas fini de parler de Pierre Dac !


Addendum dernière minute :



 

mercredi 4 février 2015

Facebook est un mille-feuilles



(Retour en arrière sur une chronique parue l'an dernier, à peine remise au goût du jour)

Oui, Facebook est un mille-feuilles !

Une superposition de tranches qui ont du sens entre deux tranches de plaisanteries bien grasses .. .et la barrière entre humour et vulgarité est bien souvent franchie.
Il y a parfois des télescopages étonnants et drôles, mais quand on recherche une chose qui nous a intéressée dans le fil des actualités Facebook "le fameux mur", la sédimentation des posts insipides l’a relégué aux oubliettes.
C’est le royaume de l’éphémère, tout passe, tout lasse et pour se retrouver dans ce mille-feuilles ... ce n’est vraiment pas du gâteau !

Je me porte mieux depuis que je me suis mis au régime pauvre en Facebook, allégé en like, et au terme d’une semaine où je n’ai pratiquement rien publié sur ma page, à part quelques photos choisies, je dois dire que je me sens plus léger.

Dans ce méli-mélo indigeste, j’ai dû faire du tri sélectif, mais on ne peut pas tout jeter ! Facebook, ce grand inquisiteur, va jusqu'à nous demander pourquoi ne veut-on pas voir ceci ou cela !!!

Dans ces conditions c’est le tri de mes "amis" FB que je vais bientôt devoir faire !

Bien sûr, je ne peux pas m’empêcher d’apporter mon grain de sel en commentant, avec parcimonie, certaines publications ... mais je n’ai pas fait vœu de silence, que je sache !

Pour moi, ce blog se veut subjectif, voire polémique, la critique est bienvenue !
Alors à vos plumes
!

mercredi 28 janvier 2015

François Cavanna, un an déjà !

 

 

 
François Cavanna, né le 22 février 1923, est un écrivain, journaliste et dessinateur humoristique. Autodidacte, Il est l’auteur d’une cinquantaine de livres et recueils de dessins et n’oublions pas, trois semaines après les évènements tragiques, qu’il fût le co-fondateur de Hara-Kiri et Charlie Hebdo.
 
Son père était maçon, immigré italien et sa mère française. Il demandera la naturalisation qu’il obtiendra le 25 octobre 1939 et racontera son enfance dans « Les Ritals »
 
Après plusieurs petits boulots, il se trouve requis pour le STO au début 1943.
 
A son retour, il est employé par l’Association des déportés du travail, fournissant aussi une bande dessinée au journal Le Déporté du travail. Victime d'une réduction de personnel, il se lance pour une première période comme dessinateur à plein temps, en particulier pour un journal pour enfants, Kim (Série Micou et son chien Tomate). Il reprend un travail salarié en 1948-1949, puis redevient dessinateur de presse, activité dont il parvient à tirer un revenu convenable. Il adopte le pseudonyme de Sépia, qu'il utilise jusque dans les années 1960.
 
En janvier 1954[], il devient collaborateur d’une publication toute nouvelle, le magazine Zéro, créé par Jean Novi, dont il va devenir rédacteur en chef. Il s'agit d'un « journal de colportage » : parmi les colporteurs apparaît bientôt un ex-engagé en Indochine, Georges Bernier, que son efficacité comme vendeur mène au rang de directeur des ventes. Cavanna abandonne l'activité de dessinateur pour se consacrer à l'écriture, tout en se formant aux aspects techniques du journalisme (mise en page…). Mais il se sent à l'étroit sous la direction de Jean Novi, qui impose des limites au contenu du magazine, d'ailleurs rebaptisé Cordées, nom jugé moins provocant que Zéro.
 
Après la mort de Jean Novi, Cavanna s'associe avec Georges Bernier (qui prend alors le nom de « Professeur Choron ») et quelques autres pour fonder en 1960 le magazine Hara-Kiri (mensuel), puis en 1969 Hara-Kiri Hebdo et le mensuel de bandes dessinées Charlie. Après l'interdiction de Hara-Kiri Hebdo à la suite de sa une sur la mort du Général de Gaulle (« Bal tragique à Colombey - Un mort »), le journal est relancé sous le titre de Charlie Hebdo.
 
 
 
 
 
 
Charlie Hebdo cesse de paraître à la fin 1981, victime d'une perte de lecteurs et d'une mauvaise gestion financière. En 1992, Cavanna rejoint la nouvelle formule de Charlie Hebdo, relancé par Philippe Val, Cabu et Wolinski. Il y signe des chroniques.
 
En 2000, Choron, qui n'a pas participé à la nouvelle version de Charlie Hebdo, relance Hara-Kiri en association avec André Bercoff : Cavanna intente alors un procès à Choron et Bercoff, leur reprochant à la fois la teneur de cette nouvelle version et le fait que Bernard Tapie ait été annoncé comme collaborateur du journal. Cavanna remporte sa procédure et se voit reconnaître la propriété du titre Hara-Kiri.
 
En janvier 2011, le site web BibliObs publie les bonnes feuilles du dernier ouvrage de François Cavanna, Lune de miel (Gallimard). Dans ce livre, l'auteur révèle être atteint de la maladie de Parkinson, qu'il qualifie de « salope infâme »
Hospitalisé pour une intervention due à une fracture du fémur et victime de complications pulmonaires, François Cavanna meurt le 29 janvier 2014 à l’âge de 90 ans à l'hôpital Henri-Mondor de Créteil.
 
(Données biographiques Wikipédia)